L’ancien ministre Mansour Faye s’est vu refuser de sortir du territoire lundi dernier. Ses avocats montent au créneau et interpellent les ministres de l’Intérieur et de la Justice.
Le covid-19 est bien derrière nous, mais le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, semble revivre les affres de la pandémie. Et c’est à l’aéroport international Blaise Diagne que le beau frère du président Macky Sall s’est vu notifier son interdiction de sortie du territoire. L’alerte est partie de lui-même. “Je voudrais informer l’opinion nationale et internationale, que j’ai été injustement interdit d’embarquer dans le vol d’Air France, ce jour lundi 10 mars 2025, à destination de Djeddah via Paris, pour aller faire le petit pèlerinage à la Mecque. À ma question sur le refus de ma sortie du territoire, l’agent de police me répondit : ‘c’est sur instruction de l’Autorité supérieure’”, a informé l’ex ministre des Transports de Macky Sall. Sa famille politique est, comme il fallait s’y attendre, montée au créneau hier. Dans une conférence de presse tenue au siège de l’Alliance pour la République (APR), les proches de Mansour Faye ont dénoncé l’interdiction de sortie du territoire imposée à l’ancien ministre Mansour Faye. C’est d’abord Samba Ndong qui a rejoué le film de l’aéroport. L’ancien ministre se rendait à l’aéroport international Blaise Diagne pour prendre un vol à destination de Djeddah via Paris, dans le cadre de l’accomplissement de la “Oumra” (petit pèlerinage) à La Mecque. Il prévoyait également de rendre visite à sa mère sur place. Mais un agent de la Police de l’air lui a signifié une interdiction de voyage, sur ordre de “l’Autorité supérieure”. Pour Samba Ndong, cette mesure constitue une violation flagrante des droits de Mansour Faye en tant que citoyen libre, droits garantis par la Constitution sénégalaise. Il a souligné que cette affaire n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une série de dérives autoritaires. Plusieurs personnalités, dont d’anciens ministres et des hommes d’affaires supposés proches de l’ancien pouvoir, ont déjà subi des restrictions illégales similaires. Or, à ce jour, Mansour Faye ne fait l’objet d’aucune enquête, accusation ou procédure judiciaire. En droit, rien ne justifie une telle interdiction. L’APR s’indigne de “cet abus de pouvoir et cette atteinte aux principes démocratiques qui fondent l’État de droit au Sénégal”. Pour les apéristes, “Ce régime semble vouloir gouverner par la peur, en réprimant les libertés démocratiques et les mobilisations sociales. L’Alliance appelle les organisations de la société civile, les partis politiques et l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, à se mobiliser contre cette dérive autoritaire qui s’installe au Sénégal. Elle exige la levée immédiate de cette interdiction et le respect du droit de Mansour Faye à accomplir son pèlerinage à La Mecque”. L’APR cette obstruction faite à Mansour Faye est clairement motivée par des raisons politiques. “Ce type de répression n’est pas inédit : il s’est déjà manifesté par l’emprisonnement injuste de Farba Ngom et Tahirou Sarr, à qui l’Alliance renouvelle son soutien indéfectible. Le Premier ministre, qui concentre tous les pouvoirs, pourrait se sentir offensé par les prises de position de Mansour Faye, lequel n’hésite pas à pointer les dangers qui guettent le pays sous ce régime. En agissant ainsi, le pouvoir recours à la force pour régler ses comptes, au mépris du droit”, considère l’APR. Ses avocats comme l’APR se préparent à interpeller les ministres de l’Intérieur et de la Justice pour qu’ils interviennent et fassent lever “cette interdiction illégale”. Ils exigent que l’État du Sénégal garantisse à Mansour Faye son droit de quitter le territoire national et d’accomplir son pèlerinage à La Mecque. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, Mansour Faye était détenteur d’un passeport ordinaire. Cependant un décret l’autorise comme tous les anciens ministres de jouir de ce sésame. Une sûre informe d’ailleurs qu’aucun ancien ministre n’a vu son passeport diplomatique renouvelé. Mansour Faye ne compte pas baisser les bras. Il a annoncé ne pas se plier au “coup de force” et promet de retourner à l’aéroport accompagné d’un huissier de justice pour faire constater ce refus de quitter le territoire. En cas de nouvelle tentative infructueuse, Mansour Faye envisage de saisir le juge des référés afin de trancher ce qu’il considère comme une atteinte à ses droits fondamentaux. Plusieurs figures de proue étaient présentes à la rencontre. Il s’agit notamment de l’ancien ministre Mansour Faye, l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Mame Diop, Diégui Diop, Mamadou Kassé, ancien directeur général de la Sicap, ainsi que Mamadou Massaly. Seulement voilà, dans la chaîne des réactions nées de cette affaire figure en premier celle de Marième Faye Sall, l’ancienne Première Dame. Sur la radio privée TFM, elle a laissé exploser sa colère. “Mon grand frère, Amadou Mansour Faye, s’apprêtait à embarquer pour rejoindre notre mère malade lorsqu’on lui a refusé l’accès à l’avion. Il n’a rien fait de mal ! Depuis neuf mois, ils ne cessent de l’intimider, et ils n’ont encore rien vu”, a-t-elle déclaré. La réaction de Marième Faye Sall n’a pas SAISINE DU PARQUET FINANCIER laissé insensible des responsables du parti Pastef, au pouvoir. Le Directeur Général du Port Autonome de Dakar, Waly Diouf Bodiang a écrit sur Facebook “Mansour Faye plastronne avec un luxe de manipulation pour que ses déboires inévitables soient regardés comme relevant uniquement d’une cabale politique. Pour l’ensemble de son œuvre, il a un destin judiciaire connu et qu’il mesure pleinement malgré la bêtise qu’il affiche”. Jusque-là, il n’y a aucune version officielle sur l’interdiction de sortie du territoire opposée à Mansour Faye le lundi dernier. Toutefois, tous les regards sont tournés vers l’enveloppe de 1000 milliards FCFA destinée à appuyer les populations affectées par les mesures contraignantes du covid-19.





























