Les populations de keur moustaph et des villages environnants de l’Arrondissement de Ngaye dans le Département de TIVAOUANE haussent le ton contre le projet d’exploitation de la mine de phosphate de Keur Maniaw Sylla. Face à la presse, Pape Thiam, porte-parole du collectif des villageois riverains regroupés au sein de l’association And Samm Sunu Gox, a exprimé une opposition ferme à ce qu’il qualifie de « menace grave pour l’environnement, la santé et l’avenir des communautés locales ».
La rencontre s’est tenue dans une atmosphère de forte mobilisation populaire. Hommes, femmes, jeunes et personnes âgées ont répondu massivement à l’appel du collectif, arborant des brassards rouges, symbole de leur colère et de leur détermination. Des pancartes brandies çà et là affichaient des messages sans équivoque : « Non à la mine de phosphate », « Notre terre vaut plus que le phosphate », « Oui à la vie, non à la pollution ». Une démonstration visible d’un rejet total et unanime du projet.
D’emblée, le porte-parole a rappelé que ce combat n’est pas dirigé contre le développement, mais contre « un modèle de développement destructeur ». Selon lui, l’exploitation minière envisagée mettrait en péril les ressources en eau, indispensables à l’agriculture et à la consommation humaine. « Les poussières et les rejets de métaux lourds contenus dans le phosphate risquent de contaminer les sols, les cultures et de compromettre durablement la sécurité alimentaire », a-t-il alerté.
Au-delà des impacts environnementaux, Pape Thiam a insisté sur les conséquences sanitaires, estimant que les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées seraient les premières victimes. « Qui soignera nos malades demain ? », s’est-il interrogé, dénonçant ainsi une situation susceptible d’aggraver la précarité sanitaire dans la zone.
Le collectif pointe également une atteinte à l’identité culturelle et religieuse des populations. Cimetières, mosquées et lieux sacrés se trouveraient menacés par les opérations minières, un scénario jugé inacceptable par les riverains. « Profaner nos morts et perturber nos pratiques religieuses est une ligne rouge que nous ne franchirons pas », a martelé le porte-parole.
Sur le plan économique, l’agriculture et l’élevage, piliers de l’économie locale, risqueraient selon lui de disparaître au profit d’emplois miniers précaires et temporaires, sans garanties de durabilité. Un sacrifice que les populations refusent catégoriquement.
Unies et déterminées, les communautés de tous les villages concernés disent parler d’une seule voix pour exiger l’annulation pure et simple du permis d’exploitation. Elles appellent l’État à soutenir des projets durables et à respecter leur droit à un environnement sain. « Nous sommes prêts à défendre notre terre », a conclu Pape Thiam qui annonce d’ores et dèja des marches et manifestations si leurs revendications ne sont pas entendues.





























