Après des semaines de tensions marquées par des violences dans les universités publiques, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Daouda Ngom, a procédé, ce jeudi 26 janvier, à l’installation officielle du Comité du dialogue social du sous-secteur, une instance qu’il a présentée comme un levier de prévention et de gestion durable des conflits.
La cérémonie s’est ouverte dans une atmosphère empreinte d’émotion, avec un hommage rendu à l’étudiant Abdoulaye Ba, décédé lors des récents troubles à l’UCAD. Le ministre a invité l’assistance à observer un moment de recueillement pour honorer la mémoire du défunt.
Le ministre a tenu à préciser que cette structure « n’est pas une instance de revendication », mais un cadre permanent de veille stratégique, de médiation et d’anticipation des crises. Elle aura vocation à servir de baromètre du climat social dans les universités, instituts et écoles nationales.
« Nous devons œuvrer à l’enracinement d’une paix durable dans nos établissements d’enseignement supérieur, par la culture d’un dialogue inclusif. C’est tout le sens de la cérémonie qui nous réunit aujourd’hui pour installer le Comité du dialogue social du sous-secteur en charge de l’Enseignement supérieur », a souligné d’emblée le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Selon le Pr Daouda Ngom, « ce comité devient plus que nécessaire en raison du rôle central qu’il est appelé à jouer », notamment dans ce contexte de crises récurrentes qui affectent les universités publiques du Sénégal.
Il a rappelé que l’installation du comité concrétise une directive du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui a instruit chaque département ministériel de se doter d’un mécanisme adapté de prévention des conflits.
Prenant part à la rencontre, le président du Haut Conseil du Dialogue social, Mamadou Lamine Dianté, a estimé que les récents événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont conforté la nécessité d’un dialogue inclusif et constant.
« Il nous faudra donc, plus que jamais, nous investir résolument par le biais du dialogue social pour que nos universités ne nous préoccupent plus en des circonstances fâcheuses, mais qu’elles orientent les intelligences et les énergies qu’elles recèlent au service du développement économique et social de notre pays », a exprimé M. Dianté.
Selon lui, aucune réforme durable ne saurait prospérer sans stabilité et concertation. Il a insisté sur l’obligation pour le Comité d’accompagner les mutations du sous-secteur, confronté à des défis structurels et à des exigences accrues en matière de performance, de recherche et d’innovation.
Fort de son expérience à l’UCAD, à l’UGB et à l’UADB, le nouveau président du Comité, le Pr Lamine Gueye, a promis un engagement fondé sur l’écoute, l’impartialité et la recherche de solutions consensuelles.
« Il s’agira de rassembler les acteurs pour discuter, s’écouter et s’entendre », a-t-il affirmé, appelant à placer l’intérêt supérieur du sous-secteur au cœur des décisions.
Mis en place à l’issue d’un atelier tenu à Saly en décembre 2025, le Comité comprend dix-huit membres titulaires représentant des étudiants, des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs, des autorités académiques et des partenaires.
Avec cette installation, les autorités espèrent tourner la page des crises à répétition et inscrire les universités sénégalaises dans une dynamique de stabilité, condition essentielle à la production du capital humain et à la réalisation des ambitions de développement du pays.




























