La tension sociale s’intensifie à Sen’Eau après la menace de licenciement visant Oumar Ba, Secrétaire général du Syndicat des travailleurs des eaux du Sénégal (SATES). Une situation que le député Guis Marius Sagna, et militante anti-impérialiste, qualifie de « forfaiture grave » et de « tentative d’étouffement de la liberté syndicale », mettant directement en cause la direction de Sen’Eau et le groupe Suez.
Dans une déclaration virulente, Guis Marius Sagna est revenu sur le combat mené par Oumar Ba et ses camarades, rappelant que le leader syndical avait observé une grève de la faim après avoir, selon lui, épuisé toutes les voies légales pour dénoncer un climat social délétère imposé aux travailleurs. « Sen’Eau et le groupe Suez veulent des syndicalistes couchés, dociles et corrompus », accuse-t-il, dénonçant des pratiques visant à affaiblir l’indépendance syndicale à coups « d’enveloppes en espèces ».
À l’opposé de ce modèle, le militant affirme que le SATES s’inscrit dans l’héritage du syndicalisme de combat incarné par Iba Ndiaye Diadji, premier Secrétaire général de la CSA, symbole d’un syndicalisme « debout, courageux et sacrificiel ». Pour lui, la situation actuelle rappelle des périodes sombres de « chasse à l’homme et à la femme » contre celles et ceux qui osent dire la vérité.
Guis Marius Sagna interpelle directement le gouvernement du Sénégal, en particulier les ministères en charge de l’Eau, de l’Assainissement et du Travail. Il rappelle que la Direction du travail avait clairement indiqué que le Code du travail sénégalais n’autorise pas les élections syndicales digitales, sauf consensus entre les parties. Or, souligne-t-il, aucun consensus n’a été trouvé, le SATES ayant clairement exprimé son refus. « Sen’Eau et le groupe Suez ont sciemment foulé aux pieds le Code du travail », martèle-t-il.
Pour le déclarant, cette volonté de museler les syndicats cache des projets contraires aux intérêts des travailleurs et, plus largement, à ceux du peuple sénégalais. « Lorsqu’on cherche à tuer la liberté syndicale, c’est qu’on prépare des décisions impopulaires. Les premiers remparts dans une entreprise stratégique comme Sen’Eau, ce sont les syndicalistes », avertit-il.
Exprimant sa solidarité totale à Oumar Ba, actuellement hospitalisé, Guis Marius Sagna juge « inacceptable et inhumaine » toute tentative de licenciement dans ces conditions. Il réaffirme enfin sa disponibilité à accompagner la CSA et le SATES dans leur plan d’action, lançant un mot d’ordre clair : « Touche pas au Secrétaire général du SATES ».





























