Le temps file à la présidence de la République où le chef de l’Etat a reçu le rapport du dialogue national. On agite, à présent, la démission du président Macky Sall, la reprise du processus électoral, conséquence de l’arrivée d’Amadou Mame Diop au palais.
Il n’y a plus de temps à perdre. C’est, à l’apparence, le leitmotiv en vigueur au palais de la République. Le chef de l’Etat a reçu, hier, le rapport du dialogue national. C’est au cours d’une audience où on a noté la présence de Sidiki Kaba, ministre de l’Intérieur, de son collègue Ismaïla Madior Fall, ministre des Affaires étrangères et du très médiatique Thiendella Fall, directeur général des Elections. Même si le contenu n’a pas encore été rendu public, tout indique qu’il y est mentionné la date du 2 juin proposée pour la tenue du 1e tour de la Présidentielle. Au cours du dialogue national, les participants ont aussi proposé que le président de la République assure la continuité de l’Etat. « Le chef de l’État a bien pris note des recommandations de ces concertations avec toutes les forces vives de la Nation. Le Président Macky SALL envisage de saisir le Conseil constitutionnel pour recueillir son avis sur les questions de la date de l’élection et de l’après 2 avril. Il a également salué le travail qui lui a été présenté, tout en mettant en avant le génie sénégalais à surmonter les difficultés pour renforcer davantage notre système démocratique », peut-on lire dans un communiqué concis.
La réception du rapport du dialogue national coïncide avec la convocation des membres de la Conférence des Présidents de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué signé par le président Amadou Mame Diop, on précise que l’ordre du jours porte sur le « calendrier de travail pour l’examen des affaires en instance ». Une formule bien diplomatique pour dire, sans doute, que ces « affaires en instance » portent sur l’examen de loi d’amnistie. Le projet de loi d’amnistie, adopté en Conseil des ministres le 28 février 2024, sera soumis à l’appréciation de l’Assemblée nationale. Il vise à amnistier les infractions commises au Sénégal et à l’étranger, couvrant la période de 2021 à 2024.
« Dans le but d’apaisement du climat politique et social, de renforcement de la cohésion nationale, de consolidation du dialogue national, et afin de permettre à certaines personnes qui ont eu maille à partir avec la justice de participer pleinement à la vie démocratique, Monsieur le Président de la République entend poursuivre la mise en œuvre des mesures de décrispation, au-delà du droit de grâce que lui reconnaît la Constitution.
De surcroît, la volonté du législateur a toujours été de favoriser l’exercice démocratique dans un contexte de dialogue et d’ouverture politique. Cela s’est traduit à chaque fois par l’adoption de lois portant amnistie des infractions criminelles et correctionnelles ayant un lien avec des événements politiques conflictuels. Certaines poursuites engagées devant les juridictions ont abouti à des condamnations ayant entraîné des incapacités et des déchéances liées aux droits de vote et d’élection. »
En clair, on va vers une reprise du processus électoral qui devrait voir des acteurs comme Karim Wade et Ousmane Sonko remis dans la course. En tout cas, selon des informations relayées par « Le Quotidien », des caciques de l’Alliance pour la République (APR) ont mis en place une stratégie pour provoquer la démission anticipée du chef de l’Etat. Une situation qui ouvrirait la vacance du pouvoir. La finalité d’une telle option est de mettre en selle le président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, qui assurerait, ainsi, la transition. Un tel cas de figure ruinerait la dernière décision du Conseil constitutionnel et ouvrirait, sans entrave, le processus électoral à tout le monde. Cette manœuvre pourrait ouvrir la porte à d’autres candidatures au sein de l’APR. Mais nombre de juristes restent formels : le processus électoral est définitivement clos au sujet des candidatures. Les partisans de la démission encouragent Macky Sall à agir rapidement, avant mi-mars, afin de permettre une transition rapide vers la présidence de l’Assemblée nationale, dans le but de rompre avec la situation actuelle.
Dans le camp libéral du PDS, une telle perspective peut soulever beaucoup d’enthousiasme. La reprise du processus permettra à Karim Wade de se remettre dans le processus électoral. Lui, par qui, la commission d’enquête parlementaire et la loi repoussant le scrutin au 15 décembre sont arrivés. A Pastef, rien ne permet d’espérer qu’Ousmane Sonko s’engage à candidater. Cette posture pourrait paraître moralement répréhensible, voire susceptible de briser la cohésion chez les patriotes. En plus, au regard de la grande avancée de la candidature de Bassirou Diomaye Faye en termes de machine électorale et d’espoir suscité, le président de Pastef, élargi pourrait renoncer à se jeter dans la Présidentielle. D’ailleurs, sa condamnation dans l’affaire Mame Mbaye Niang a occasionné sa radiation pour 5 ans des listes électorales.






























