Lors du 68e sommet de la CEDEAO, ouvert le 14 décembre, à Abuja, au Nigeria, les Etats membres ont notamment estimé longue la durée d’un an de transition proposée par les putschistes en Guinée Bissau.
Les dirigeants ouest-africains ont rejeté le programme de transition proposé par la junte militaire au pouvoir à Bissau et une nouvelle fois réclamé un retour immédiat à l’ordre constitutionnel dans le pays, exigeant la mise en place d’une transition courte et inclusive dans laquelle les forces politiques bissau-guinéennes sont largement représentées.
“Les militaires ont demandé une transition d’un an que nous avons acceptée”, a déclaré M. Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Il était l’invité, hier, de la TFM, chaîne privée. Le ministre qui commentait la tenue du Sommet de la CEDEAO à Abuja, a ajouté que cette transition devrait être “encadrée”, sans en préciser les modalités. Évoquant les négociations au sein de la CEDEAO, le ministre sénégalais a fait savoir que des pays étaient sur des positions “va-t-en guerre”. Une attitude à laquelle le Sénégal a opposé, selon Cheikh Niang, “la tradition de diplomatie de modération et de flexibilité de notre pays”. “Le Sénégal a dit il faut qu’on soit flexible et réaliste”. Sur la même chaîne, Cheikh Niang a fait savoir que le Sénégal a imposé son point de vue au regard de sa situation avec la Guinée Bissau. “Nous ne devons pas accepter que des pays éloignés de la Guinée Bissau nous imposent leur point de vue”, a-t-il indiqué. Une attitude légitime qu’il compare avec celle du Nigéria, intervenue contre le coup d’Etat au Bénin, dimanche 7 décembre 2025.
Seulement voilà, juste après le sommet des États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une posture de fermeté a été adoptée à l’égard de la crise politique en Guinée-Bissau. À l’issue de cette rencontre, l’organisation régionale a rejeté le plan de transition proposé par la junte militaire et menacé d’imposer des sanctions ciblées à toute personne entravant le retour à l’ordre constitutionnel dans le pays.
Le coup d’État est survenu le 26 novembre 2025, lorsque des militaires ont renversé le président Umaro Sissoco Embaló, suspendant le processus électoral en cours après les élections présidentielle et législatives du 23 novembre, alors que les résultats n’avaient pas encore été proclamés. Les militaires, se désignant comme le “Comité militaire de haut commandement”, ont nommé le général Horta Inta-a à la tête d’un gouvernement de transition.
Avant même le sommet du 14 décembre, la Guinée-Bissau avait déjà été suspendue de tous les organes décisionnels de la CEDEAO après le coup d’État, décision prise lors d’une session extraordinaire virtuelle tenue fin novembre. La suspension reste en vigueur tant que l’ordre constitutionnel n’est pas rétabli.
La CEDEAO a annoncé aussi qu’elle enverrait une délégation de haut niveau pour poursuivre le dialogue avec les dirigeants militaires à Bissau, dans l’espoir de négocier les conditions d’un retour à un gouvernement civil démocratique. Cette mission vise à combiner pression politique et diplomatie pour une transition rapide. Diffusée lundi 8 décembre, la Charte Politique de Transition adoptée par les militaires bissau-guinéens redéfinit l’ensemble des pouvoirs publics après la rupture de l’ordre constitutionnel du 26 novembre. Le texte établit un cadre juridique transitoire de 12 mois, tout en maintenant partiellement la Constitution.
Le Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public a adopté jeudi une Charte politique de transition, au lendemain d’une rupture de l’ordre constitutionnel intervenue le 26 novembre 2025 en Guinée- Bissau.
Le général Horta N’Tam a été investi président de la transition pour un an maximum. Il a promis de combattre « énergiquement » le narcotrafic, accusé selon lui d’avoir tenté de « capturer la démocratie guinéenne ». L’ancien chef d’État major de l’armée de terre a nommé un gouvernement dirigé par Ilidio Vieira Té, dernier ministre des Finances du président déchu.Le coup d’Etat survenu mercredi dernier et ayant interrompu le processus électoral en Guinée continue de soulever des vagues.




























