Juste un an après l’élection du président Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République, des fissures sont apparues dans le duo Diomaye-Sonko. Les deux camps affichent au grand jour leurs divergences, mais les deux leaders se gardent, pour le moment, d’acter la cassure. Des velléités de rapprochement ont eu lieu sans grand effet. Il en est ainsi de cette fameuse rencontre entre le bureau politique de Pastef et le chef de l’État. L’instance de Pastef a été, en effet, reçue au palais par le président de la République Bassirou Diomaye Faye Faye. Des sources précisent que l’audience a eu lieu sur la demande du BP, rien par contre n’a filtré sur l’ordre du jour de cette rencontre cruciale. Aucun communiqué relatif à cette audience n’a été publié. Toutefois, des caciques de Pastef ont publié sur leur page Facebook des bribes de commentaires informant du climat de la rencontre entre Diomaye Faye et le BP de Pastef. “Alhamdoulilah, Sonko Moy Diomaye, Diomaye Moy Sonko”, écrit Me Abdoulaye Tall, député et membre éminent de Pastef. Sans doute participant à la rencontre au palais, Me Tall semble se réjouir de la tournure vers le dégel de la crise au sommet de l’Etat. Un peu avant le post de Me Tall, la député Mame Bousso Bèye de Pastef a écrit sur sa page Facebook : “Le Président Diomaye a conclu son intervention à la rencontre avec le Bureau politique par ces mots : ‘Sonko, c’est Diomaye, Diomaye, c’est Sonko’ Alhamdoulilah”.
Un peu avant cette audience au palais avec le chef de l’Etat, le BP de Pastef s’est réuni sous la présidence du leader du parti, Ousmane Sonko. Libération, qui a donné l’information, rapporte que les Patriotes prévoient d’adresser une lettre au Président Diomaye Faye “afin d’échanger avec lui”. Les divergences au sommet de l’exécutif, entre le Premier ministre, chef de Pastef, et le chef de l’État, membre du parti bien que démissionnaire du poste de secrétaire général depuis son accession à la tête du pays, devraient être au menu.
Toutefois, lors de la réunion du bureau politique, Sonko «a asséné ses ‘vérités’ sur la situation actuelle», révèle Libération, citant des «sources autorisées» sans davantage de précisions.
Parallèlement à cette rencontre entre Diomaye Faye et le BP de Pastef, la nouvelle superviseure de Diomaye Président poursuit la massification de la coalition au nom du chef de l’Etat.
Seulement voilà, la vague d’adhésions annoncée autour de la coalition Diomaye Président ne convainc guère le politologue Dr Moussa Diaw, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Pour lui, les nombreux mouvements et partis qui s’y rallient ne constituent en rien une force politique réelle.
Selon l’analyste, la plupart de ces structures relèvent davantage du nomadisme politique que d’un enracinement authentique. “Ils n’ont aucune capacité de mobilisation, ils entretiennent l’illusion de constituer une dynamique collective”, assène-t-il mardi dans L’Observateur, estimant que leur influence reste “minime, pour ne pas dire dérisoire”.
“On n’a jamais vu une dette cachée de cette importance en Afrique”, affirme Edward Gemayel sur RFI. Une nouvelle charge contre Macky Sall qui a échappé, lundi dernier, de justesse, à une mise en accusation de l’Assemblée nationale. Edward Gemayel annonce un prochain round de négociations et déclare : “Il est rare qu’un nouvel accord soit finalisé après une première visite”. Pour le ministère des Finances, les indicateurs confirment une dynamique positive : une croissance d’environ 8 % en 2025, projetée à 5 % en 2026, avec une inflation maîtrisée à 3,1 % et une pression fiscale atteignant 23,2 % contre 19,3 % en 2025, grâce au Plan de Redressement Économique et Social (PRES).
A l’issue de cette mission, il n’y a toujours pas d’accord pour un nouveau programme avec le Sénégal. Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, a séjourné à Dakar du 22 octobre au 6 novembre 2025 pour faire avancer les discussions initiées lors des Assemblées annuelles de 2025 sur un nouveau programme soutenu par le FMI et pour examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives liées à la dette cachée.
La révélation du chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal tombe une dizaine de jours après la conférence de presse des avocats de l’ancien président Macky Sall. “On n’a jamais vu une dette cachée de cette importance en Afrique”, affirme Edward Gemayel sur RFI.
Le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal s’est exprimé, jeudi 6 novembre, à l’issue d’une visite de deux semaines pour discuter de la reprise d’un programme de prêt de l’institution internationale. Cette importance explique, selon lui, que les discussions doivent se poursuivre et n’aient pu aboutir, jusqu’à présent, à la conclusion d’un nouveau prêt attendu par le Sénégal.
“Le cas du Sénégal, avec une dette cachée de cette importance est inédit”, a reconnu auprès de RFI, Edward Gemayel, le chef de mission du FMI à Dakar, en faisant référence à la dette accumulée entre 2019 et 2024 par le Sénégal, de près sept milliards de dollars (sous l’administration de Macky Sall). Et c’est “ce qui complique les choses”, dit-t-il sur RFI. Une façon de justifier que les discussions entamées en août dernier avec le Sénégal prennent du temps et vont devoir se poursuivre à distance dès la semaine prochaine, assure le FMI, qui se dit “engagé” à aboutir à un nouvel accord de prêt “rapidement”.
Une chose est sûre, cette annonce du chef de mission du FMI sur le caractère colossal de la dette du Sénégal tombe une dizaine de jours après la mise en accusation manquée de l’ancien président Macky Sall. Le bureau de l’Assemblée nationale, réuni lundi 27 octobre 2025, pour examiner huit (08) initiatives parlementaires, a conclu à l’irrecevabilité de sept (07) d’entre elles dont la proposition de résolution de mise en accusation de l’ancien chef de l’État, Macky Sall, déposée par le député de la majorité Pastef, Guy Marius Sagna. Dans un communiqué rendu public, le Bureau de l’Assemblée nationale, précisant que sa décision est principalement motivée par le Non-respect des dispositions des articles 51 et 69 et notamment de l’article 103 du Règlement intérieur, a toutefois encouragé les députés à se conformer au Règlement intérieur s’ils souhaitent réintroduire leurs demandes.
C’est le côté judiciaire de l’an 2025 qui a dû être le plus palpitant. Ces derniers actes portent la marque du juge qui a rendu une ordonnance de non-lieu en faveur des trois hommes d’affaires Moustapha Ndiaye, Rayan Hachem et Mohamed Dieng le 31 octobre dernier. Le juge estime qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour poursuivre. En d’autres termes, le dossier a été jugé vide, ce qui écarte pour le moment la nécessité d’un procès. Le trio était poursuivi pour des chefs d’accusation de complicité de détournement de deniers publics, ainsi que de faux et usage de faux en écriture de commerce et en écriture privée. Ces inculpations s’inscrivent dans le cadre de l’affaire de surfacturation de riz liée aux fonds Force Covid-19.
Dans cette foulée des relaxes figure également Mansour Faye, ancien ministre et beau-frère de Macky Sall. En raison de ‘’contestations sérieuses’’ faites par M. Faye des faits à l’origine de sa détention, ‘’la chambre d’instruction de la Haute Cour de justice a ordonné une mainlevée de son mandat de dépôt’’, a expliqué Me Sall. Le contrôle judiciaire est assorti de quelques conditions, selon l’avocat. ‘’Il ne peut sortir du pays qu’avec l’autorisation de la chambre d’instruction de la Haute Cour de justice, son passeport étant confisqué. Il doit signer au greffe tous les vendredis’’, a-t-il dit. Me Sall précise que Mansour Faye ne porte pas de bracelet électronique.
L’ancien ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, puis du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, ensuite des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement avait été placé en détention depuis mai dernier. Il avait été arrêté à la suite de sa comparution devant la chambre d’accusation de la Haute Cour de justice, la juridiction chargée de juger les ministres, les Premiers ministres ou le président de la République. Mansour Faye est poursuivi en justice pour association de malfaiteurs, corruption, détournement de deniers publics et d’autres chefs d’inculpation. Les faits qui lui sont reprochés portent sur un montant de 2,7 milliards de francs CFA, en lien avec le Programme de résilience économique et sociale mis en œuvre par le gouvernement à la suite de la pandémie de coronavirus.
Lat Diop, ancien Directeur Général de la Loterie Nationale du Sénégal (Lonase), a obtenu une mise en liberté provisoire sous bracelet électronique. L’information a été confirmée par son avocat. Toutefois, sa libération ne sera effective que si le parquet ne fait pas appel dans un délai de six jours. Poursuivi pour extorsion de fonds, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, Lat Diop était incarcéré depuis le 26 septembre 2024 sous mandat de dépôt. Cette décision de mise en liberté provisoire marque un tournant dans son affaire, bien que son sort dépende encore de l’éventuelle réaction du parquet.
Il en est ainsi du professeur Ismaïla Madior Fall, Samuel Sarr, Ndèye Saly Diop et Aliou Sall. La liste est close par Mbagnick Diop et Racine Sy.
Des caciques de l’APR sont toujours en prison. Il s’agit de Farba Ngom, Tahirou Sarr, Maodo Malick Mbaye et Khadim Bâ.
Sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par le collègue des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, le journaliste Madiambal Diagne a été interpellé mardi en France, plus précisément dans les Yvelines, à l’ouest de Paris. L’information a été confirmée par l’un de ses avocats, Me Baboucar Cissé, contacté par Le Soleil. M. Diagne doit être présenté au parquet général, qui saisira ensuite la chambre de l’instruction.
Un autre feuilleton secoue l’espace public depuis près de trois mois. Un communiqué du ministère de l’Intérieur publié le vendredi 26 septembre, les autorités sénégalaises ont délivré un mandat d’arrêt international contre le patron du groupe de presse Avenir Communication, éditeur du journal Le Quotidien, qui a quitté le pays malgré une interdiction formelle de sortie du territoire.
M. Diagne était convoqué par la Division des investigations criminelles (Dic) dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées transactions financières suspectes. Son nom apparaît dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), un organe relevant du ministère des Finances. Cependant, le journaliste ne s’est pas présenté aux enquêteurs et était depuis lors introuvable.
Le mandat d’arrêt s’appuie sur une information judiciaire ouverte contre M. Diagne et plusieurs autres personnes, pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, utilisation de facilités liées à l’exercice d’une activité professionnelle, ainsi que pour complicité de ces infractions. Cette procédure fait suite à un rapport de la Centif daté du 27 novembre 2020, publié sous l’ancien régime, dans le cadre de l’affaire Ellipse Project Ltd, dans laquelle son épouse et ses deux fils sont actuellement incarcérés.
Le ministère de l’Intérieur précise dans son communiqué : « Madiambal Diagne, pourtant sous le coup d’un avis de recherche, d’une interdiction de sortie du territoire et d’un ordre d’interpellation, a réussi à quitter le pays dans des circonstances encore non élucidées. » Cette sortie du territoire, en dépit des restrictions, a suscité de vives réactions et de nombreuses interrogations au Sénégal.
Quelques jours plus tard, Interpol, dont le secrétariat général est basé à Lyon (France), a validé la demande d’arrestation émise par les autorités sénégalaises via le Bureau central national (BCN) logé au sein de la Direction de la police judiciaire (DPJ). Cette décision intervient en exécution du mandat d’arrêt international délivré le 26 septembre 2025 par le président du collège des juges d’instruction du pôle judiciaire financier.
Suite à cette affaire, les chefs de la Division des investigations criminelles et du commissariat spécial de l’aéroport international Blaise Diagne ont été relevés de leurs fonctions à titre conservatoire, selon le même communiqué.
Dans une publication sur X (anciennement Twitter) Madiambal Diagne a confirmé sa présence en France assurant qu’il reviendrait « dans quelques jours pour faire face à mes responsabilités. »





























