Parti d’un diagnostic profond, le Comité d’appui au pilotage de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) a tracer les perspectives de transformation de l’enseignement supérieur. Lors d’une journée de pré-validation le comité dirigé par le professeur Bouba Diop a présenté 80 recommandations au ministère de tutelle.
Le sous-secteur de l’enseignement supérieur souffre d’une instabilité chronique marquée par des grèves répétées et un calendrier académique souvent perturbé. À cela s’ajoutent une gouvernance universitaire jugée incohérente, des arbitrages budgétaires ayant longtemps marginalisé la recherche, ainsi qu’un financement globalement inefficient. Les œuvres sociales universitaires et les allocations d’études, régulièrement au cœur des tensions, ont accentué le malaise. L’ensemble de difficultés a conduit à écorner l’image des universités du Sénégal.
Face à cette situation, le président Bassirou Diomaye Faye a engagé une refondation en profondeur du système, inscrite dans l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050. Un comité présidé par le professeur Boubakar Diop-Dibouba a été chargé d’établir un diagnostic et de proposer des réformes structurantes.
Parmi les 80 recommandations formulées, la première priorité porte sur la souveraineté académique. Il est proposé de réformer les curricula pour aligner les formations sur les priorités nationales et les secteurs émergents, d’introduire des pédagogies actives, de créer ou renforcer des Centres de pédagogie universitaire et de promouvoir des références africaines dans les supports d’enseignement. Des modules obligatoires en entrepreneuriat, innovation, développement personnel et anglais devraient renforcer les compétences transversales des étudiants.
La gouvernance constitue un autre axe majeur. Le rapport préconise l’adoption d’une loi d’orientation assortie de plans quinquennaux, la révision des textes encadrant la nomination des recteurs et vice-recteurs, ainsi qu’une harmonisation du cadre réglementaire des associations étudiantes. L’instauration d’un socle commun en licence et la mise en œuvre de la Validation des acquis de l’expérience (VAE) visent à faciliter la mobilité et la reconnaissance des compétences.
La transformation numérique est également au cœur de la stratégie. Le développement de Université Numérique Cheikh Hamidou Kane, le déploiement de l’enseignement bi-modal pour répondre à la massification et le renforcement de la connectivité grâce à des partenariats public-privé figurent parmi les mesures phares.
Enfin, en matière de recherche et d’innovation, la création d’un Conseil national de la recherche et de l’innovation, doté d’une forte autonomie institutionnelle, ainsi que la consolidation du cadre juridique et financier du secteur, doivent permettre de repositionner la recherche comme levier stratégique de développement.
Après le diagnostic, place désormais à l’action : le rapport sera transmis au Chef de l’État pour ouvrir une nouvelle étape de la transformation de l’enseignement supérieur sénégalais.
Lansana DIANDY




























