Le Sénégal ambitionne de se doter d’une stratégie nationale des combustibles de cuisson propre et des biocarburants pour la période 2025-2035, avec un coût estimé à 73 milliards de FCFA. Lors d’un atelier de lancement, le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a annoncé qu’une enveloppe de 73 milliards de FCFA serait mobilisée pour financer ce projet.
Les combustibles ligneux (bois de chauffe et charbon de bois) représentent 42 % des énergies finales utilisées par les ménages sénégalais. Selon une enquête nationale sur la consommation des ménages en combustibles domestiques, menée en 2024, 43 % des ménages sénégalais n’ont toujours pas accès aux énergies et technologies de cuisson propre.
« Les résultats de cette enquête montrent une consommation nationale annuelle de 1 601 631 tonnes pour le bois de chauffe, 744 703 tonnes de charbon de bois et 253 508 tonnes de gaz butane », a précisé le ministre.
D’après lui, « ces chiffres illustrent clairement une tendance à la substitution croissante du Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) aux produits ligneux (bois et charbon de bois), tant en milieu urbain que rural. Ils montrent également une saturation progressive du taux d’usagers du GPL à Dakar (99 %) avec une forte prédominance de son choix comme combustible principal (86 %), au détriment du charbon. La consommation finale de bois de feu reste dominante au niveau national, mais elle est en déclin, passant de 61 % en 2013 à 45 % en 2024 dans la consommation des énergies de cuisson des ménages. »
Il a aussi évoqué les difficultés d’accès aux services énergétiques modernes, qui touchent particulièrement les femmes, représentant 49,4 % de la population.
Lors de la présidence de l’atelier de lancement de la Stratégie nationale des combustibles et des biocarburants, le ministre Birame Souleye Diop s’est montré convaincu que la mise en œuvre de cette stratégie contribuera de manière significative à l’amélioration des conditions de vie des populations. Elle permettra d’assurer l’accès aux sources d’énergies propres et aux technologies appropriées, telles que le gaz butane, la cuisson électrique, le biogaz, le biocharbon, les cuiseurs performants de niveau +3 et les biocarburants.
Le Colonel Dione, directeur des eaux et forêts, de la chasse et de la conservation des sols, représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, a également souligné la demande croissante de combustibles, notamment le charbon de bois en milieu rural, où son utilisation est passée de 5 % en 1998 à 16 % en 2024. Il a appelé à un changement dans les habitudes de consommation énergétique.
De son côté, Philippe Mestinger, représentant de l’ambassade d’Allemagne à Dakar, a réaffirmé l’engagement de la coopération allemande à « accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de solutions durables visant à améliorer l’accès aux technologies de cuisson respectueuses de l’environnement ».
Lansana DIANDY






























